Actus

Protéger les femmes sur leur lieu de travail contre les violences conjugales

Le 2 juillet, la Fondation Kering et Led by HER ont lancé, lors d'un événement en ligne, une étude comparative des lois pour lutter contre les violences conjugales sur le lieu de travail. Les panélistes faisaient notamment partis de l’OIT, du Conseil de l'Europe, de l’OCDE et de l’UNESCO. Plus de 200 personnes ont participé à cet événement virtuel. Le rapport compare le cadre juridique que six pays - l'Italie, le Royaume-Uni, l'Angleterre et le Pays de Galles, la France, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et l'Ontario Canada - ont mis en place pour soutenir les femmes victimes de violences conjugales sur leur lieu de travail. Il met en avant les meilleures pratiques et les insuffisances des politiques pour lutter contre ces violences. Le rapport a été compilé avec le soutien des équipes juridiques de Dentons et de TrustLaw, le réseau mondial de juristes bénévoles de la Fondation Thomson Reuters.

Aujourd'hui, 1 femme sur 3 est ou sera victime d'une forme de violence de la part de son partenaire intime (OMS 2020). Bien que ces violences se produisent dans la sphère privée, elle ont un impact sur la vie professionnelle des femmes qui en sont victimes et sur celle de leurs collègues. Dans le monde entier, on estime que 2 employées à temps plein sur 10 sont actuellement victimes de violences conjugales, et environ 1 employée sur 3 déclare avoir été victime de violences conjugales de la part d'un partenaire intime au cours de sa vie professionnelle (OIT/ONU Femmes 2019).
Des recherches ont commencé à révéler l'impact direct des violences conjugales sur le lieu de travail. Le réseau One In Three Women, que la Fondation Kering a cofondé en 2018 avec la Fondation FACE, a publié la première étude  de ce type en Europe, analysant le vécu des employés en matière de violences conjugales et l’impact sur leurs entreprises. Les conclusions ont confirmé que les violences conjugales affectent les employées victimes en altérant, par exemple, leurs performances professionnelles en raison de ce qui se passe chez elles, mais qu’elles affectent également de manière différente, leurs collègues et les entreprises qui les emploient.

L'adoption en juin 2019 de la nouvelle Convention de l'Organisation internationale du travail (OIT) sur l'élimination des violences et du harcèlement dans le monde du travail (C.190) et de la recommandation qui l'accompagne (R.206) impose de nouvelles responsabilités aux gouvernements et aux employeurs, qui doivent mettre en œuvre des mesures pour prévenir et traiter, par le biais du dialogue social, toutes les formes de violences et de harcèlement, y compris les violences conjugales lorsqu'elles affectent le lieu de travail. Certains pays ont déjà mis en place une législation au niveau de l'État pour protéger les employés qui ont souffert de violences conjugales. Certaines entreprises ont également mis au point des mesures supplémentaires de protection, allant au-delà des exigences de la législation actuelle.

Aujourd'hui, il est important que tous les pays et toutes les entreprises se penchent sur cette question afin que les femmes victimes de violences conjugales bénéficient d'une protection égale, quel que soit leur employeur. Dans le contexte de pandémie du Covid-19 et des conséquences du confinement, il est plus urgent que jamais d'agir. Les Nations Unies ont fait état d'une "effroyable augmentation mondiale de violences conjugales", le nombre de femmes appelant les numéros d’urgence dédiés a même doublé dans certains pays. En conséquence, un nombre croissant d’entreprises en ressentira les effets à mesure que les femmes reprendront le travail. Il est temps de mettre en place les mesures de protection nécessaires pour toutes les victimes.

Nous espérons que ce rapport inspirera les pratiques au niveau national, mais aussi dans les entreprises, afin que soit mis en œuvre des mesures efficaces de soutien aux victimes de violences conjugales. Faire du lieu de travail un environnement protecteur et sûr pour les femmes victimes est notre responsabilité commune.

 

Rapport complet ci-dessous (en anglais).

 
Nous suivre
Newsletter